Thrombose hémorroïdaire : durée et traitement

Par Charlotte Callon, docteur en pharmacie

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En bref. Une thrombose hémorroïdaire est un caillot formé dans une hémorroïde, le plus souvent externe. C’est très douloureux, impressionnant, mais bénin : dans la majorité des cas, tout se résout seul, avec une douleur maximale pendant deux à trois jours et une boule qui se résorbe en une à trois semaines. Le traitement médical suffit généralement. Un geste réalisé par le médecin peut soulager rapidement, surtout s’il est fait dans les tout premiers jours.

C’est souvent ce qui pousse à consulter en urgence : une boule apparue en quelques heures, dure, parfois bleutée, avec une douleur qui empêche de s’asseoir. La bonne nouvelle est que la situation, aussi pénible soit-elle, ne présente aucun danger.

Pour une vue d’ensemble, lire Hémorroïdes : symptômes, causes et ce qu’il faut savoir.

Ce qui se passe

Les hémorroïdes sont des coussins remplis de vaisseaux. Lorsque le sang y stagne, un caillot peut se former et bloquer la circulation dans le coussin. Celui-ci gonfle brutalement, et la peau qui le recouvre, très innervée, transmet une douleur intense.

Les déclencheurs habituels sont un épisode de constipation avec efforts de poussée, une diarrhée, un accouchement, un effort physique intense réalisé en bloquant la respiration, parfois un long trajet. Il arrive aussi qu’aucune cause ne soit retrouvée.

La thrombose peut aussi toucher une hémorroïde interne. Elle est alors moins visible, mais peut provoquer une douleur importante et une tuméfaction qui sort de l’anus.

Comment la reconnaître

  • Une boule dure, de la taille d’un petit pois à celle d’une olive, au bord de l’anus.
  • Une apparition brutale, en quelques heures.
  • Une douleur permanente, majorée en position assise, différente de la douleur en coup de lame d’une fissure, qui survient au passage de la selle.
  • Une coloration parfois bleutée, et un gonflement autour.
  • Peu ou pas de saignement, sauf si la peau se fissure au-dessus du caillot, ce qui soulage souvent la douleur.

Pour distinguer les deux formes d’hémorroïdes, lire hémorroïdes internes ou externes : comment faire la différence.

Comment cela évolue

L’évolution spontanée est favorable dans la grande majorité des cas, et c’est le point le plus important à retenir.

La douleur est maximale pendant les 48 à 72 premières heures, puis décroît nettement.

La boule met plus longtemps à disparaître : comptez une à trois semaines. Sentir encore quelque chose alors que la douleur a cessé est donc normal.

La marisque. Une fois le caillot résorbé, la peau distendue laisse parfois un petit repli indolore. Il ne disparaît pas seul, ne présente aucun risque, et ne se retire que s’il gêne vraiment.

Thrombose hémorroïdaire : douleur maximale pendant 48 à 72 heures puis boule qui se résorbe en une à trois semaines
La douleur culmine en deux à trois jours ; la boule met une à trois semaines à disparaître.

Ce qui soulage

Le froid, enveloppé dans un linge fin, dix minutes plusieurs fois par jour. C’est la mesure la plus efficace et la plus immédiate.

Les antalgiques. Le paracétamol en première intention. Les anti-inflammatoires sont utiles sur quelques jours dans cette situation précise, mais ils ne conviennent pas à tout le monde et sont déconseillés pendant la grossesse, puis contre-indiqués à partir du sixième mois.

Des selles molles, dès le premier jour, pour éviter que chaque passage aux toilettes ne réveille la douleur. Voir constipation et hémorroïdes.

Un traitement local, choisi selon le symptôme dominant, pendant quelques jours seulement. Voir quelle crème pour hémorroïdes choisir.

Le plan complet des premiers jours figure dans crise hémorroïdaire : que faire dans les 48 premières heures.

Le geste réalisé par le médecin

Il existe un geste qui soulage rapidement : le médecin anesthésie localement la zone, incise la peau au-dessus du caillot et l’évacue, ou retire le petit paquet thrombosé. Cela se pratique au cabinet, en quelques minutes, et la douleur cède en général immédiatement après.

Sa fenêtre d’intérêt est courte. Il a surtout un sens dans les premiers jours, tant que la douleur est vive et le caillot récent, en pratique dans les 72 premières heures. Passé ce délai, la douleur diminue d’elle-même et le geste n’apporte plus grand-chose : il vaut mieux laisser la résorption se faire.

Il n’est pas systématique, et les recommandations françaises le rappellent explicitement. La plupart des thromboses guérissent seules avec le traitement médical. Le geste se discute au cas par cas, essentiellement lorsque la douleur est très intense et récente.

Il laisse une petite plaie qui cicatrise en quelques jours, peut saigner légèrement, et la récidive reste possible. Enfin, la thrombose interne, elle, ne s’incise pas.

Ne tentez jamais de percer une thrombose vous-même : le geste expose à une infection et à un saignement difficile à arrêter, sans anesthésie ni conditions d’hygiène adaptées.

Pendant la grossesse et après l’accouchement

C’est une situation fréquente dans les jours qui suivent la naissance, souvent liée aux efforts de poussée. Le froid, le paracétamol et le traitement de la constipation restent la base. Les traitements locaux compatibles existent, et les anti-inflammatoires redeviennent possibles après l’accouchement, sauf contre-indication. Voir hémorroïdes après l’accouchement et hémorroïdes et grossesse.

Quand consulter

Consultez rapidement, idéalement dans les premiers jours, si :

  • la douleur est intense et vous empêche de dormir ou de vous asseoir ;
  • vous avez de la fièvre, un gonflement important ou un écoulement ;
  • vous n’arrivez plus à uriner ;
  • le saignement est abondant ;
  • c’est la première fois et aucun diagnostic n’a jamais été posé.

Une douleur anale intense peut aussi correspondre à un abcès, qui relève d’une prise en charge différente et rapide. C’est une raison de plus de faire examiner la zone plutôt que d’attendre.

L’essentiel

La thrombose hémorroïdaire est très douloureuse mais bénigne, et guérit le plus souvent seule : la douleur culmine en deux à trois jours, la boule se résorbe en une à trois semaines. Froid, antalgiques, selles molles et traitement local suffisent dans la majorité des cas. Le geste d’incision, réalisé par un médecin sous anesthésie locale, soulage vite mais n’a d’intérêt que dans les tout premiers jours, et il n’est jamais systématique. Ne le tentez jamais vous-même.

Questions fréquentes

Une thrombose hémorroïdaire est-elle dangereuse ?

Non. Elle est très douloureuse mais bénigne, et n’a rien à voir avec une phlébite. Elle guérit le plus souvent spontanément.

Combien de temps dure une thrombose ?

La douleur est maximale pendant 48 à 72 heures puis diminue nettement. La boule, elle, met une à trois semaines à se résorber, et laisse parfois un petit repli de peau indolore.

Faut-il faire inciser une thrombose ?

Pas systématiquement. Le geste soulage rapidement lorsqu’il est réalisé dans les tout premiers jours, en pratique dans les 72 heures. Au-delà, la douleur diminue d’elle-même et le traitement médical suffit généralement.

Pourquoi une petite peau reste-t-elle après ?

C’est une marisque : la peau distendue par le caillot ne reprend pas toujours sa forme. Elle est indolore et sans conséquence, et ne se retire que si elle gêne.

Sources

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L’autrice

Charlotte Callon est docteur en pharmacie. Elle rédige et vérifie l’ensemble des contenus du site à partir des recommandations des sociétés savantes et des références officielles en pharmacologie.

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