Ligature, sclérose, photocoagulation : les traitements réalisés en consultation

Par Charlotte Callon, docteur en pharmacie

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En bref. Entre les traitements de pharmacie et la chirurgie existe une étape intermédiaire, souvent méconnue : des gestes réalisés au cabinet, en quelques minutes, sans anesthésie générale et sans arrêt de travail. Ils s’adressent aux hémorroïdes internes qui saignent ou qui descendent, et ils évitent l’opération à beaucoup de personnes.

Beaucoup de patients pensent qu’il n’existe que deux options : des crèmes, ou une opération lourde. C’est faux, et cette méconnaissance conduit souvent à supporter des symptômes pendant des années.

Pour une vue d’ensemble, lire Hémorroïdes : symptômes, causes et ce qu’il faut savoir.

À qui ces gestes s’adressent

Ils concernent les hémorroïdes internes, c’est-à-dire celles situées dans la partie haute du canal anal, peu sensible à la douleur. C’est précisément ce qui les rend possibles sans anesthésie. Voir hémorroïdes internes ou externes : comment faire la différence.

Le médecin les propose lorsque les symptômes persistent malgré un transit régularisé et les traitements médicaux, en particulier des saignements répétés ou des hémorroïdes qui sortent à l’effort. Ils ne s’appliquent pas aux hémorroïdes externes ni aux thromboses, qui relèvent d’une autre prise en charge.

Les trois techniques

La ligature élastique

Le médecin place un petit anneau de caoutchouc à la base de l’hémorroïde interne, à l’aide d’un instrument passé par l’anus. Privée de sang, la zone se nécrose puis tombe d’elle-même en quelques jours, laissant une cicatrice qui fixe le tissu plus haut.

C’est la technique la plus efficace des trois, en particulier sur les hémorroïdes qui s’extériorisent. Elle se déroule en quelques minutes et ne nécessite aucune anesthésie, car la zone traitée est peu sensible.

L’injection sclérosante

Le médecin injecte un produit qui provoque une fibrose locale : le tissu se rétracte et se fixe, ce qui réduit surtout les saignements.

Le geste est simple et bien toléré. Son effet est plus modeste et moins durable que celui de la ligature, mais il convient bien aux hémorroïdes des premiers stades qui saignent.

La photocoagulation infrarouge

Un faisceau infrarouge crée de petits points de coagulation à la base de l’hémorroïde, avec le même objectif de rétraction et de fixation.

C’est la technique la mieux tolérée, mais aussi celle dont l’effet s’épuise le plus vite : plusieurs séances sont souvent nécessaires.

Comment se passe la séance

Le déroulé ressemble à celui d’une consultation de proctologie classique : installation sur le côté, examen, puis mise en place d’un anuscope, ce petit tube court qui permet de voir l’intérieur du canal. Le geste lui-même dure quelques minutes.

Aucune préparation particulière n’est nécessaire dans la plupart des cas, et vous repartez immédiatement après. Il n’y a ni hospitalisation, ni anesthésie générale, ni arrêt de travail. Pour savoir à quoi ressemble la consultation, lire consultation pour hémorroïdes : comment se passe l’examen ?

Plusieurs séances sont souvent prévues, espacées de quelques semaines, car on traite rarement tous les paquets hémorroïdaires en une fois.

Ce que l’on ressent après

Une gêne les premiers jours est fréquente après une ligature : sensation de pesanteur, d’envie d’aller à la selle, parfois une douleur sourde. Le paracétamol suffit généralement.

Un petit saignement peut survenir au moment où la zone traitée se détache, en général autour d’une semaine après une ligature. C’est attendu.

Des selles molles restent la meilleure alliée de cette période : elles évitent de solliciter la zone traitée. Voir constipation et hémorroïdes : par où commencer.

Efficacité et limites

Ces gestes soulagent durablement une grande partie des patients et évitent bien des opérations. Ils ne suppriment toutefois pas la cause : si la constipation et les efforts de poussée persistent, les symptômes peuvent revenir.

Ils ont aussi leurs limites. Sur des hémorroïdes très avancées, restées en permanence à l’extérieur, leur effet est insuffisant et la chirurgie devient l’option à discuter. Voir opération des hémorroïdes : quand elle s’impose.

Enfin, ils ne conviennent pas à tout le monde : certains traitements anticoagulants ou antiagrégants, ainsi que certaines maladies, demandent des précautions ou contre-indiquent le geste. Signalez systématiquement vos traitements.

Après le geste, consultez sans attendre si

  • la douleur devient intense au lieu de s’atténuer ;
  • le saignement est abondant ou s’accompagne de caillots ;
  • vous avez de la fièvre ;
  • vous n’arrivez plus à uriner.

Ces situations sont rares, mais elles justifient un avis rapide.

L’essentiel

Ligature élastique, injection sclérosante et photocoagulation infrarouge occupent l’espace entre les traitements de pharmacie et la chirurgie. Réalisés au cabinet, en quelques minutes et sans anesthésie générale, ils s’adressent aux hémorroïdes internes qui saignent ou qui descendent. La ligature est la plus efficace, la photocoagulation la mieux tolérée. Plusieurs séances sont souvent nécessaires, et le transit reste, là encore, ce qui protège du retour des symptômes.

Questions fréquentes

La ligature élastique fait-elle mal ?

Le geste est réalisé dans une zone peu sensible et ne nécessite pas d’anesthésie. Une gêne ou une pesanteur sont fréquentes les jours suivants, généralement soulagées par du paracétamol.

Faut-il un arrêt de travail ?

En général non. Ces gestes se pratiquent au cabinet et vous repartez immédiatement après, sans hospitalisation.

Combien de séances faut-il ?

Souvent plusieurs, espacées de quelques semaines, car on traite rarement tous les paquets en une fois. La photocoagulation en demande généralement davantage que la ligature.

Ces gestes évitent-ils l’opération ?

Dans beaucoup de cas, oui. Ils sont toutefois insuffisants sur des hémorroïdes très avancées, restées en permanence à l’extérieur, pour lesquelles la chirurgie reste l’option à discuter.

Sources

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L’autrice

Charlotte Callon est docteur en pharmacie. Elle rédige et vérifie l’ensemble des contenus du site à partir des recommandations des sociétés savantes et des références officielles en pharmacologie.

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