En bref. Commencez par votre médecin traitant, qui suffit dans la plupart des cas. L’examen dure quelques minutes : inspection de la zone, toucher rectal et parfois anuscopie, à l’aide d’un petit tube court. Il est rarement douloureux et ne nécessite aucune préparation. Une coloscopie n’est proposée que dans des situations précises.
Pour beaucoup, le principal frein n’est ni la douleur ni le saignement, mais la gêne de montrer cette partie du corps et l’appréhension de l’examen. Certains attendent des mois, parfois des années, avant de consulter. Savoir précisément comment les choses se passent permet de décider en connaissance de cause.
Pour une vue d’ensemble, lire Hémorroïdes : symptômes, causes et ce qu’il faut savoir.
Sommaire
Qui consulter en premier ?
Le médecin traitant suffit dans la grande majorité des cas : il pose le diagnostic, prescrit le traitement et écarte les autres causes.
Le proctologue, gastro-entérologue ou chirurgien spécialisé dans cette région, prend le relais si les symptômes persistent malgré le traitement, si les crises se répètent, si un geste est envisagé ou si le premier examen a révélé quelque chose d’inhabituel.
La sage-femme peut tout à fait aborder le sujet pendant la grossesse et le suivi après l’accouchement. C’est souvent l’interlocutrice la plus accessible à cette période.
Le pharmacien peut orienter, conseiller un traitement de crise et indiquer s’il faut consulter. Il ne pose pas de diagnostic, mais fait souvent gagner du temps.
La plupart des hôpitaux proposent des consultations de proctologie. Si vous préférez être examinée par une femme, vous pouvez le demander à la prise de rendez-vous : c’est une demande courante.
Le déroulement de l’examen
Avant
Aucune préparation n’est nécessaire : ni lavement, ni jeûne, ni produit à prendre la veille. Une toilette normale suffit. Évitez au contraire les lavages répétés, qui rendent la peau plus sensible et plus difficile à examiner.
Pendant
L’examen se fait généralement allongé sur le côté, genoux repliés, dos tourné au médecin. Seule la zone concernée est découverte. Il dure quelques minutes et comporte trois temps.
L’inspection. Le médecin observe la marge de l’anus et vous demande parfois de pousser légèrement pour voir si quelque chose descend. Ce n’est pas douloureux.
Le toucher rectal. Réalisé avec un doigt ganté et lubrifié, il est bref, plus désagréable que douloureux, et très informatif : tonus du sphincter, présence d’une masse, zones sensibles.
L’anuscopie. Un petit tube court et lubrifié est introduit sur quelques centimètres pour observer l’intérieur du canal anal et visualiser les hémorroïdes internes. On ressent une pression, comparable à une envie d’aller à la selle, mais pas de douleur chez la plupart des patients.
En cas de fissure très douloureuse, le médecin peut renoncer à l’anuscopie ou appliquer d’abord un anesthésique local. Signalez-lui toute douleur : il adaptera son geste.
Après
Vous vous rhabillez, le médecin vous explique le diagnostic et le traitement, et vous repartez. Il n’y a aucune suite particulière.
La gêne, une appréhension légitime
C’est la question que beaucoup se posent sans oser la formuler. Pour les médecins concernés, cette région du corps fait partie du quotidien : un proctologue reçoit des dizaines de patients chaque semaine, et environ une personne sur quatre aura des hémorroïdes au cours de sa vie.
Vous pouvez dire dès le début : « C’est la première fois, je suis mal à l’aise. » Cette phrase aide souvent le praticien à mieux expliquer chaque étape. Et si le courant ne passe pas, vous êtes libre de consulter quelqu’un d’autre.
Faut-il une coloscopie ?
Pas pour diagnostiquer des hémorroïdes : ce que le médecin voit et sent lors de l’examen suffit. Une coloscopie est en revanche proposée lorsqu’un saignement s’accompagne de l’un de ces éléments :
- âge supérieur à 45 ans ;
- antécédents personnels ou familiaux de polypes ou de cancer colorectal ;
- modification du transit ;
- fatigue inhabituelle ou amaigrissement ;
- selles noires.
L’objectif est d’écarter formellement une autre cause, ce qui permet de ne plus redouter le saignement. L’examen se fait sous anesthésie légère, après une préparation intestinale la veille, qui est en pratique l’étape la plus contraignante. Pour les signes qui doivent alerter, lire hémorroïdes qui saignent : est-ce grave ?
Ce que cela coûte
Les consultations chez le médecin traitant ou le spécialiste sont prises en charge dans les conditions habituelles du parcours de soins. Certains spécialistes pratiquent des dépassements d’honoraires : vous pouvez vous renseigner à la prise de rendez-vous.
Les traitements, eux, ne sont en général plus remboursés. Les veinotoniques ont été retirés de la liste des médicaments remboursables le 1er janvier 2008, et la plupart des crèmes et suppositoires ne le sont pas non plus, ce qui surprend souvent en pharmacie. Pour comprendre cette décision, lire veinotoniques et hémorroïdes : efficaces ou non ?
Les traitements que le médecin peut proposer
Le traitement médical suffit dans l’immense majorité des cas : régulation du transit, traitement local, antalgiques et parfois veinotoniques en cure courte.
Des gestes réalisés en consultation, si ce traitement ne suffit pas : ligature élastique, injection sclérosante ou photocoagulation infrarouge. Ils durent quelques minutes et ne nécessitent pas d’anesthésie générale.
La chirurgie est réservée aux formes les plus gênantes. Elle ne concerne qu’une minorité de patients et n’est jamais une étape obligée.
L’essentiel
Le médecin traitant est le bon premier interlocuteur. L’examen dure quelques minutes, ne demande aucune préparation et n’est en général pas douloureux ; n’hésitez pas à dire si vous êtes mal à l’aise ou si vous avez mal. Aucun examen complexe n’est nécessaire pour diagnostiquer des hémorroïdes, et la coloscopie ne concerne que des situations précises. Attendre ne fait que prolonger la gêne et retarder un éventuel autre diagnostic.
Questions fréquentes
Qui consulter pour des hémorroïdes ?
Le médecin traitant dans la plupart des cas. Le proctologue intervient si les symptômes persistent, si les crises se répètent ou si un geste est envisagé. Pendant la grossesse, la sage-femme est souvent l’interlocutrice la plus accessible.
L’examen proctologique est-il douloureux ?
En général non. Le toucher rectal est plus désagréable que douloureux, et l’anuscopie donne surtout une sensation de pression. En cas de fissure douloureuse, le médecin adapte l’examen.
Faut-il se préparer avant la consultation ?
Non : ni lavement ni jeûne. Une toilette normale suffit, sans lavages répétés.
Une coloscopie est-elle nécessaire ?
Pas pour diagnostiquer des hémorroïdes. Elle est proposée si un saignement s’accompagne de signes d’alerte : âge supérieur à 45 ans, antécédents familiaux, changement du transit, fatigue, amaigrissement ou selles noires.
Sources
- Société nationale française de colo-proctologie (SNFCP) : Recommandations pour la pratique clinique sur le traitement de la maladie hémorroïdaire
- SNFCP, La Revue Colo-Proctologie : La maladie hémorroïdaire (2026)
- Arrêté du 17 janvier 2006 portant radiation de spécialités pharmaceutiques de la liste des médicaments remboursables (JO du 25 janvier 2006)
- VIDAL Recommandations : Hémorroïdes
