Hémorroïdes après l’accouchement : combien de temps ça dure ?

Par Charlotte Callon, docteur en pharmacie

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En bref. Dans la grande majorité des cas, les hémorroïdes apparues autour de l’accouchement s’améliorent spontanément en quelques semaines. Une thrombose met une à trois semaines à se résorber. Traiter la constipation est la mesure la plus efficace, et plusieurs traitements restent possibles pendant l’allaitement. Si la gêne persiste au-delà de six mois, un avis spécialisé est justifié.

Environ une femme sur cinq est concernée dans les jours qui suivent la naissance. Entre la fatigue, les nuits hachées et l’attention portée au bébé, cette douleur-là passe souvent au second plan, alors qu’elle rend le quotidien difficile : s’asseoir, allaiter, aller aux toilettes.

Pour une vue d’ensemble, lire Hémorroïdes et grossesse : ce qui est possible.

Pourquoi maintenant, alors que tout allait bien ?

Les efforts de poussée de l’accouchement augmentent brutalement la pression sur la région anale. Une crise peut donc survenir en quelques heures, y compris chez des femmes qui n’avaient eu aucun symptôme pendant neuf mois.

À cela s’ajoutent la constipation, très fréquente après la naissance, et l’appréhension d’aller à la selle quand le périnée est douloureux ou suturé. Se retenir durcit les selles, ce qui oblige à forcer davantage : le cercle s’installe vite.

Les délais habituels

Les symptômes s’améliorent le plus souvent en quelques semaines, une fois disparues la pression de l’utérus et l’imprégnation hormonale de la grossesse.

Une thrombose, cette boule dure et douloureuse apparue brutalement, est surtout douloureuse pendant deux à trois jours, puis se résorbe en une à trois semaines. Elle laisse parfois un petit repli de peau indolore, sans conséquence.

Au-delà de six mois, si la gêne reste importante, il ne s’agit plus d’une suite de couches qui s’étire : un traitement plus poussé peut être envisagé, y compris chirurgical. Ce n’est ni fréquent ni systématique, mais il n’y a aucune raison de s’en accommoder en silence.

Pour les autres situations, voir combien de temps durent les hémorroïdes.

Ce qui est possible pendant l’allaitement

C’est la question qui bloque le plus souvent, parce que les notices restent évasives. Les sources de référence, à commencer par le CRAT, sont plus claires que les boîtes.

Traiter la constipation en priorité. Les laxatifs de lest (ispaghul, psyllium) et les laxatifs osmotiques sont utilisables, avec une hydratation suffisante. C’est la mesure la plus efficace et la plus durable.

Le froid, appliqué quelques minutes dans un linge fin, soulage réellement une thrombose et ne pose aucun problème.

Le paracétamol reste l’antalgique de première intention.

Les anti-inflammatoires, interdits en fin de grossesse, redeviennent possibles après l’accouchement, y compris en allaitant, sauf contre-indication personnelle. Ils sont souvent déjà prescrits à la maternité. En cas de doute, demandez à votre sage-femme ou à votre pharmacien.

Les traitements locaux, crèmes et suppositoires : certaines spécialités sont à privilégier pendant l’allaitement. Précisez-le en pharmacie plutôt que de choisir seule dans le rayon. Pour comprendre les familles de produits, lire crèmes et suppositoires : lesquels choisir.

Les veinotoniques, comme la diosmine, sont utilisables en cure courte. Leur efficacité est réelle mais modeste : voir veinotoniques et hémorroïdes : efficaces ou non ? Attention en revanche aux compléments alimentaires à base de marron d’Inde, qui ne sont pas recommandés pendant cette période.

Les gestes en consultation, comme la ligature élastique, ne s’envisagent pas dans l’immédiat : on laisse d’abord passer les semaines qui suivent la naissance.

Le quotidien avec un nouveau-né

  • Ne pas repousser l’envie d’aller à la selle, même si l’appréhension est là.
  • Cinq minutes aux toilettes, sans téléphone, plutôt que de longues séances à pousser.
  • Boire régulièrement, ce qui compte d’autant plus en cas d’allaitement, et augmenter les fibres progressivement.
  • Marcher un peu chaque jour, dès que c’est possible.
  • Alléger l’hygiène : de l’eau, un savon doux, un séchage en tamponnant, sans lingettes parfumées.
  • Un coussin ouvert à l’arrière peut rendre les tétées assises plus supportables les premiers jours. Il ne soigne rien, mais il aide à tenir la journée.

Hémorroïdes ou fissure anale ?

Les deux sont fréquentes après un accouchement et se confondent facilement, car toutes deux saignent. La différence tient surtout à la douleur : la fissure provoque une douleur vive au passage de la selle, comme une coupure, qui peut persister ensuite pendant des minutes ou des heures.

Seul un examen permet de trancher, et il change le traitement. C’est une raison de plus pour en parler plutôt que de traiter au hasard. Voir aussi hémorroïdes qui saignent : est-ce grave ?

Quand en parler sans attendre

Votre sage-femme, votre médecin ou votre gynécologue sont les bons interlocuteurs, et la consultation post-natale est un moment tout indiqué. Consultez plus tôt en cas de :

  • douleur intense ou qui empêche de s’asseoir et de dormir ;
  • fièvre ;
  • saignement important ou qui persiste ;
  • fatigue inhabituelle, essoufflement ou pâleur, qui peuvent traduire une anémie ;
  • boule sortie qui ne rentre plus et devient très douloureuse ;
  • absence d’amélioration malgré le traitement.

L’essentiel

Les hémorroïdes du post-partum sont fréquentes et s’améliorent le plus souvent en quelques semaines, une thrombose demandant une à trois semaines. Le traitement de la constipation reste la mesure la plus utile, et le paracétamol, le froid, les traitements locaux adaptés et les veinotoniques en cure courte sont compatibles avec l’allaitement. Au-delà de six mois de gêne persistante, demandez un avis spécialisé.

Questions fréquentes

Combien de temps durent les hémorroïdes après l’accouchement ?

Le plus souvent quelques semaines. Une thrombose met une à trois semaines à se résorber. Une gêne qui persiste au-delà de six mois justifie un avis spécialisé.

Quels traitements sont possibles en allaitant ?

Le traitement de la constipation, le froid, le paracétamol, certains traitements locaux et les veinotoniques en cure courte. Les anti-inflammatoires redeviennent possibles après la naissance, sauf contre-indication. Demandez conseil en précisant que vous allaitez.

La césarienne protège-t-elle des hémorroïdes ?

Elle évite les efforts de poussée de l’expulsion, mais pas les autres facteurs : pression exercée pendant la grossesse, hormones et constipation des suites de couches. Des symptômes restent donc possibles.

Est-ce que ça peut gêner l’allaitement ou la rééducation du périnée ?

La douleur peut rendre la position assise difficile pendant les tétées, d’où l’intérêt d’un coussin adapté et d’un traitement de la crise. Parlez-en à la sage-femme qui suit votre rééducation : c’est une plainte courante.

Sources

  • CRAT, Centre de référence sur les agents tératogènes : Antihémorroïdaires, Veinotoniques, Laxatifs et Antalgiques pendant l’allaitement, lecrat.fr
  • Société nationale française de colo-proctologie (SNFCP) : Hémorroïdes et grossesse
  • SNFCP, La Revue Colo-Proctologie : Le traitement médical de la pathologie hémorroïdaire (2026)
  • VIDAL Recommandations : Hémorroïdes

L’autrice

Charlotte Callon est docteur en pharmacie. Elle rédige et vérifie l’ensemble des contenus du site à partir des recommandations des sociétés savantes et des références officielles en pharmacologie.

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Cet article informe. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre sage-femme ou de votre pharmacien, qui connaissent votre situation.