En bref. Une poussée simple s’améliore en quelques jours avec un traitement bien conduit. Une thrombose est très douloureuse pendant deux à trois jours, puis la douleur diminue nettement ; la boule, elle, met une à trois semaines à disparaître. Les saignements cessent généralement dès que le transit est régularisé. Si rien ne s’améliore après une semaine, il faut consulter.
C’est l’une des premières questions que l’on se pose pendant une crise, souvent la nuit, en cherchant à savoir si la situation est normale. La réponse dépend de ce qui vous arrive exactement, car « avoir des hémorroïdes » recouvre plusieurs situations aux durées très différentes.
Pour une vue d’ensemble, lire Hémorroïdes : symptômes, causes et ce qu’il faut savoir.
Une poussée simple : quelques jours
La situation la plus courante associe une gêne, une sensation de pesanteur et parfois des saignements en fin de selle, sans douleur intense. Avec les mesures habituelles, froid, antalgique, selles ramollies et traitement local, les symptômes s’atténuent en général en quelques jours.
Le repère utile est celui des recommandations : si aucune amélioration n’apparaît après quatre à sept jours de traitement bien suivi, inutile d’insister, il vaut mieux consulter. Cela signifie soit que le diagnostic mérite d’être revu, soit que la situation dépasse ce que les traitements de pharmacie peuvent faire.
Une thrombose : une à trois semaines
La thrombose est cette boule dure, bleutée, apparue brutalement au bord de l’anus, dont la douleur peut empêcher de s’asseoir. Elle évolue en deux temps, et c’est ce décalage qui inquiète.
La douleur est maximale pendant les 48 à 72 premières heures, puis elle décroît nettement.
La boule met beaucoup plus longtemps à se résorber : comptez une à trois semaines. Il est donc normal de sentir encore quelque chose alors que la douleur a disparu.
Une thrombose laisse parfois derrière elle un petit repli de peau indolore, appelé marisque. Il ne disparaît pas seul, mais il n’a aucune conséquence et ne nécessite aucun traitement, sauf gêne importante.
À savoir : une thrombose très douloureuse peut être incisée par un médecin, ce qui soulage rapidement. Ce geste n’a d’intérêt que dans les tout premiers jours. Le détail des mesures à prendre figure dans crise hémorroïdaire : que faire dans les 48 premières heures.
Les saignements : le temps de régler le transit
Un saignement hémorroïdaire s’arrête souvent en quelques jours, dès lors que les selles cessent d’être dures. C’est d’ailleurs le traitement du transit, plus que les crèmes, qui met fin aux saignements de façon durable : une revue Cochrane montre qu’un apport en fibres réduit d’environ moitié les saignements et le risque de récidive.
En revanche, un saignement qui revient chaque jour depuis plusieurs semaines, qui s’accompagne de caillots ou d’une fatigue inhabituelle n’entre pas dans le cadre d’une crise banale. Voir hémorroïdes qui saignent : est-ce grave ?
Une hémorroïde qui sort : ce n’est plus une question de jours
Lorsqu’une hémorroïde interne descend et sort de l’anus, on ne parle plus d’une crise qui passe, mais d’une évolution installée. Elle peut remonter seule après l’effort, ou devoir être repoussée avec le doigt.
Ce type de situation ne se résout pas spontanément. Elle se traite : régularisation du transit d’abord, puis, si la gêne persiste, gestes réalisés en consultation comme la ligature élastique, et chirurgie dans les formes les plus avancées. Ces options sont détaillées dans consultation pour hémorroïdes : comment se passe l’examen ?
Pendant la grossesse et après l’accouchement
C’est la période où les crises sont les plus fréquentes, et la bonne nouvelle est que les choses rentrent généralement dans l’ordre dans les semaines qui suivent la naissance, une fois disparues la pression de l’utérus et l’imprégnation hormonale. Si la gêne persiste au-delà de six mois, un traitement plus poussé peut être envisagé. Voir hémorroïdes et grossesse : ce qui est possible.
Ce qui raccourcit la crise, ce qui la prolonge
Ce qui aide : ramollir les selles dès le premier jour, appliquer du froid, prendre un antalgique, limiter le temps passé assis et surtout aux toilettes, utiliser un traitement local quelques jours.
Ce qui entretient les symptômes : continuer à forcer, s’installer aux toilettes avec son téléphone, multiplier les lavages et les lingettes parfumées, et prolonger un traitement local pendant des semaines. Sur ce dernier point, lire crèmes et suppositoires : lesquels choisir.
Et les récidives ?
Une crise qui se termine ne signifie pas que le problème est réglé. Les hémorroïdes sont des structures normales, toujours présentes : si les facteurs qui ont déclenché la poussée restent en place, une autre crise finira par survenir.
C’est pourquoi la vraie durée à considérer n’est pas celle de la crise, mais celle du changement d’habitudes : transit régulier, hydratation, fibres, mouvement quotidien et cinq minutes maximum aux toilettes. Voir aussi sédentarité et hémorroïdes.
Quand la durée doit alerter
- aucune amélioration après quatre à sept jours de traitement bien suivi ;
- douleur insupportable, fièvre ou saignement abondant, sans attendre ;
- saignement qui se répète chaque jour depuis plusieurs semaines ;
- crises qui reviennent régulièrement ;
- première crise sans diagnostic posé, surtout après 45 ans.
L’essentiel
Une poussée simple dure quelques jours, une thrombose reste douloureuse deux à trois jours puis se résorbe en une à trois semaines, et les saignements s’arrêtent avec la correction du transit. Un prolapsus, lui, ne se résout pas seul et relève d’un avis médical. Enfin, la durée dépend beaucoup de ce que l’on fait dès le premier jour : selles molles, froid et peu de temps assis.
Questions fréquentes
Les hémorroïdes peuvent-elles partir toutes seules ?
Les symptômes d’une poussée s’apaisent souvent spontanément en quelques jours, et une thrombose se résorbe seule en une à trois semaines. Un prolapsus installé, en revanche, ne disparaît pas sans traitement.
Pourquoi la boule reste-t-elle après la fin de la douleur ?
Parce que le caillot met plus longtemps à être résorbé que l’inflammation à disparaître. Sentir encore une petite masse indolore pendant deux ou trois semaines est habituel.
Au bout de combien de temps faut-il consulter ?
Après quatre à sept jours sans amélioration, ou immédiatement en cas de douleur insupportable, de fièvre ou de saignement abondant. Une première crise justifie aussi un examen.
Les crises reviennent-elles toujours ?
Pas nécessairement. Le risque de récidive diminue nettement lorsque le transit est régularisé durablement, ce qui reste la mesure la mieux démontrée.
Sources
- Société nationale française de colo-proctologie (SNFCP) : Recommandations pour la pratique clinique sur le traitement de la maladie hémorroïdaire
- SNFCP, La Revue Colo-Proctologie : Le traitement médical de la pathologie hémorroïdaire (2026)
- Société européenne de colo-proctologie (ESCP) : Recommandations européennes (2020)
- VIDAL Recommandations : Hémorroïdes
